Thème

Ce billet m’a été inspiré par la lecture de l’article sur le hacking et l’impro d’ImproViser.

Je me suis dit qu’en effet, parfois nous hackons un thème. Nous détournons son utilisation. Et donc souvent, lorsqu’on nous donne un thème, nous jouons sur les mots, et transformons le thème en gag.

Par exemple, j’ai récemment vu une impro sur le thème “choc des cultures”. Je me frottais les main, car je trouvais le thème vraiment intéressant. Et nous avons vu différentes plantes en pot.

Je donne cet exemple, mais vous savez bien que la plus part des groupes d’improvisation ont ce genre de démarche. Dès qu’ils ont un thème, ils cherchent à faire un jeu de mot avec.

Pourquoi ?

Parce que ça nous rassure. On a déjà une blague, et en plus, on ne sera pas obligés de traiter le thème. Pas obligé de montrer un véritable choc des cultures.

Le problème ?

Le premier, c’est que ce n’est pas ce que le public veut voir. Lorsqu’il offre “choc des cultures”, il y a de grande chance qu’il ait envie de voir un véritable choc des cultures, et pas une échappatoire à ce thème.
Le deuxième, c’est que souvent, ce sont des scènes peu inspirées. Soit le gag arrive dès les premiers instants de la scène, suivi d’un grande vide. On ne peut pas tenir 5 minutes sur une blague. Donc une fois que vous avez vidé la scène de sa moelle en transformant le thème en blague, il ne vous reste plus rien pour vous inspirer. Soit le gag doit arriver à la fin, et alors la scène devient un long retardement du gag.

Autant je trouve que l’approche proposée par ImproViser et le parallèle entre le hacker et l’improvisateur sont intéressants, autant je pense qu’hacker un thème est une très mauvaise idée.

A voir ailleurs !, Réflexions ,

4 comments


  1. Miolon

    Ben oui… C’est une fois de plus la peur qui nous empêche d’aller en profondeur. Même dans le traîtement du thème on fuit l’inconnu, le trop large. Plus je réfléchis, plus je lis, et plus je me dis qu’effectivement, une énorme part des problèmes des improvisateurs sont dus à la peur.

    Mais je pense que ça ne s’arrête pas là. Parce que même un improvisateur qui a réussi à dépasser ce genre de blocages va garder l’habitude de fonctionner comme ça, de ne surtout pas prendre le thème pour ce qu’il est. Pour empêcher ça, et c’est valable dans ce cas précis comme dans beaucoup d’autres, je pense qu’il faut se reposer la question de pourquoi on fait les choses comme on les fait. A plus forte raison quand on a un peu de bouteille et qu’on se sent en sécurité.

    D’un côté, il faut éliminer la peur, mais d’un autre il ne faut pas se sentir trop en sécurité non plus et se remettre toujours en question… C’est un équilibre pas évident à trouver…

  2. Ian

    Ajoute à cela que la plupart des “thèmes” donnés par le public ou l’arbitre n’en sont pas.

    Un thème, c’est: la religion, l’amour, la vengeance, la trahison, l’écologie, la fin du monde, l’origine, etc… On peut raisonnablement dire après une impro si elle a “traité” le thème ou pas.

    Pourtant, en match ou en cabaret, le “thème” ressemble plutôt à un “titre”: Le retour du pingouin masqué, Endives et boules de gommes, Ma belle-mère en slip, etc…

    Qui de plus, souvent, contient une blague car l’arbitre veut “divertir” et le public à qui l’on offre une liberté a souvent le réflexe de se sentir en compétition avec les comédiens pour l’attention du reste du public, ce qui se manifeste par la tentative d’être drôle dans le “thème” donné ou par la volonté de rendre les choses difficiles pour les improvisateurs.

    Bref. On n’est pas sortis de l’auberge…

    Je préfère les vrais thèmes. Ou alors, les “situations de départ” qui aident au moins à poser une plateforme.

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