L’impro-thérapie

De nombreuses personnes commencent l’improen la considérant comme un moyen d’améliorer leur présence, leur charisme, leur humour, leur capacité à parler en public, leur élocution, leur stresse…

Il y a évidemment différents degrés ! De :

  • Je dois vraiment apprendre à parler en public, qu’est ce que je peux faire pour améliorer ça ? De l’impro !

à

  • J’aimerais bien faire de l’impro, et en plus ça m’aidera à mieux m’exprimer en public !

Eh bien ça marche ! Je ne sais pas si les techniques spécifiques de l’impro aident vraiment, mais prendre l’habitude de monter sur scène sous le regard des autres dans une ambiance conviviale, travailler sa spontanéité aide manifestement…

Pour autant, les gens qui deviennent réellement bons en impro et dont la vie change positivement sont ceux qui pratiquent l’impro non pas pour leur développement personnel, mais pour l’amour de la discipline.

Quand je dis “bon en impro”, je prends comme critère le fait que d’autres joueurs ont envie de jouer avec vous. De nombreux comédiens de théâtre commencent avec une approche “thérapeutique” et deviennent bon.

Cela me paraît complètement antinommique avec l’impro. En effet, une des principale qualité nécessaire pour devenir un bon improvisateur est de pouvoir s’oublier. Détruire le censeur, le juge, le regard qu’on porte sur soi même. Comment est-ce possible lorsqu’on aborde l’impro comme thérapie et qu’il est nécessaire de “suivre ses progrès”, et donc de se regarder en se demandant : “suis-je plus à l’aise à l’oral”.

Nombreux sont les amoureux de la discipline qui finissent par se rendre compte que leur vie change avec la pratique de l’impro.

Tout ça c’est bien gentil, mais où est le problème ? Il n’y a pas vraiment de problème, à part que ce type de pratique de l’impro n’est pas très adaptée à la structure de l’enseignement de l’impro.

La plupart des cours d’impro sont divisés en “niveaux” (ce qui me paraît de plus en plus absurde), et on traverse donc un système du niveau 1 au niveau 3, 5 ou 10 suivant les “écoles”. Que faire ensuite ? Ensuite, il faut trouver une troupe pour continuer à pratiquer, et c’est là que c’est compliqué, parce qu’un amoureux de l’impro n’a pas les mêmes objectifs que quelqu’un qui veut s’améliorer, et donc simplement continuer à pratiquer…

L’idéal serait probablement qu’il existe des ateliers permanents avec un enseignant, sans niveau, qu’on puisse continuer à pratiquer autant de temps qu’on veut.

Évidemment, certaines personnes finissent par oublier l’aspect thérapeutique et tombent amoureux de la discipline !

Tout ça pour dire que l’impro aide, mais que si on veut pousser plus loin, il est nécessaire d’oublier l’aspect thérapeutique. Que je pense qu’il y a une demande pour un atelier permanent sans niveau. Que si vous voulez améliorer votre aisance en public, l’impro est un bon choix, mais qu’il est important de choisir une discipline qui nous enthousiasme vraiment.

Réflexions

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