Improvisez différemment!

Je reviens d’Hawaii, où j’ai participé à Improvaganza, le festival international organisé par On The Spot Improv avec les Parisian Gentlement of Paris.

On y a vu des spectacles très bien, d’autres moins bien, revu de vieux amis, rencontré des nouveaux. Je ne m’étendrai pas là dessus.

J’aimerai vous parler d’un spectacle en particulier qui m’a marqué : FUNBUCKET.

Sur le papier, ce n’est pas ma tasse de thé : le public met dans un énorme sceau des objets personnels, et les improvisateurs vont aller piocher dedans, et faire une scène courte. Le concept ne m’a pas parut très original, et ça rappel fortement les détournement d’objets de match. Bof… Mais en voyant le spectacle, j’ai été complètement subjugué par ce qui s’y passait. J’y ai vu de l’impro comme je n’en avais jamais avant, et je me suis surpris à penser “put***, mais qu’est ce qui se passe?”

Les joueurs sont tous de solides improvisateurs, à la fois drôles, mais parfois aussi extrèmement dérangeant. Ils parviennent à créer une véritable atmosphère d’improvisation pure où on ne sait pas ce qui va se passer. Pour parvenir à ce résultat, ils ont décidé de changer radicalement leur façon d’improviser. Le directeur du spectacle, Douglas Willot nous a confié qu’il disait régulièrement à son équipe “stop that, you’re doing good improv” (arrêtez ça, vous faîtes de la bonne impro). Dans funbucket, pas de oui et, pas de tomate. On sent une forte liberté et de la prise de risque.

D’autre spectacles m’ont marqué sans être pour autant aussi radicalement différents : Indigo Shift avec un vrai cabaret (placé dans un contexte de fin du monde), incluant des scènes et des chansons, et un certain désespoir et une certaine vulgarité.

Ou encore Five Deadly Improvisers qui improvisent un film de karaté avec des combats et des cascades, ce qui ouvre un nouveau volet complet d’improvisation physique. Je pense aussi à On The Spot avec leur spectacle Hush entièrement muet, ou Confidence Men et leur Mamet improvisé, ou encore Your hand goes here avec des marionnettes improvisées qui interagissent avec des humains.

Je l’ai déjà mentionné dans un article précédent sur les formats, mais il me paraît très important de développer VOTRE impro. “Oui et” n’est pas une règle absolue, toutes les scènes n’ont pas besoin de commencer par une suggestion, on en a marre de voir passer un oiseau en fond de scène dans tous les spectacles d’impro…

Attention, je ne suis pas en train de dire “il n’y a pas de règles”. Certes, il n’y a pas de règles, MAIS, je dis : “choisissez vos propres règles”. [Écoute, Accepte, Propose] n’est qu’une façon d’improviser parmi d’autres. On peut remettre en question les règles personnellement, dans chaque scène, mais c’est encore plus intéressant de le faire en tant que groupe…

Alors qu’est ce qu’on peut faire ? On peut casser les règles de l’impro :

  •  Arrêtez d’écouter. Parlez de ce dont vous avez envie, quand vous voulez. On voit en permanence en impro deux personnes commencer une phrase, et s’interrompre pour écouter l’autre, parce qu’on est poli, et qu’on a appris à écouter. Mais Indigo Shift par exemple ont des moments très forts et très vrais où ils parlent l’un par dessus l’autre… Dans de nombreuses pièces, un des personnage répond à côté, quelque chose de déconnecté de la réplique précédente.
  • Arrêtez d’accepter. Refusez des idées, dîtes non, emmenez l’impro là où votre partenaire ne l’attend pas. Mettez le en difficulté, forcez le à aller trouver autre chose!

On peut changer le rhytme :

  • Accélérez. Pas de temps mort, on y va à fond!
  • Ralentissez. Prenez votre temps, laissez du silence. 30 seconde de scène avant de parler. Lors du mash up (mélange de toutes les troupes à la fin du festival), un groupe a joué un spectacle de 15 minutes, et ils n’ont commencer à parler qu’après la moitié du spectacle!

Quand j’y pense, cet article est dans la continuité de celui que j’avais écrit .

De plus, pour avoir vu maintenant plusieurs “scènes” d’improvisation dans des villes différentes, il est assez clair que chaque communauté (ville?), créé un style. Il y a toujours un arrière goût commun… Du coup, pour s’en libérer, il faut aller voir ailleurs : lire autre chose, voir autre chose, voyager, s’inspirer d’un domaine différent que l’improvisation! Allez jusqu’au bout de la démarche!

Réflexions

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