Une génération qui a grandi devant la télé

Un florilège de spectacles inspirés de la télévision et du cinéma

J’ai été marqué récemment par l’omniprésence de l’influence du cinéma et de la télévision.

Nombre de spectacles que j’ai vraiment aimé font référence au cinéma et à la télévision: Hush de On The Spot (hawaii), Casting (Lausanne/Lyon), Les Scénaristes, …

Et ce n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan de ce qui se fait: l’improvisation dirigée voit souvent ses directeurs être qualifiés de « réalisateurs », les séries improvisées fleurissent, de nombreux spectacles se basent sur des genres cinématographiques (film policier, film d’horreur, star-trek, …).

Une référence culturelle commune

Et c’est tout à fait normal. Nous sommes une génération qui avons grandis devant la télévision. Ces codes font partis de notre socle culturel commun. C’est une façon facile de connecter avec son public. De l’aider à saisir de quoi ça parle. D’avoir un language commun. On peut ainsi ré-explorer et faire référence à ce point largement partagé, étendre ces univers qui nous sont chers.

La créativité de l’adaptation

Un de mes aspect préféré de ces transfert de media, c’est l’inventivité de mise en scène pour passer d’un medium cinématographique à de l’art vivant. Le travail des lumières et du son, lécher les transitions, utiliser des cartons pour faire défiler le générique, découper la scène en deux pour faire des split-screen.

J’ai toujours aimé cette idée que « les improvisateurs montent sur scène pour résoudre des problèmes ». J’apprécie donc particulièrement la créativité de ces adaptations. Je repense encore à ce star-trek improvisé qui avait suspendu des vaisseaux spaciaux à des ficelles pour jouer les scènes de combats dans l’espace.

Les forces de nos faiblesses

Cependant, le cinéma et la télévision ont des forces avec lesquelles nous ne pouvons pas rivaliser. On va voir un star wars avec plaisir pour les sabres laser, les triples saut périlleux, les vaisseaux en image de synthèse. On est captivé par Kulbrik pour sa composition de l’image photographique magistrale. On admire Lost In Translation pour ses magnifiques couleurs. On suit avec avidité les films de Night Shyamalan pour leurs scénario bien ficelé.

Ces qualités, nous pouvons les émuler, mais probablement pas les égaler. Difficile de mettre en scène une course poursuite à couper le souffle comme dans Drive ou des scènes d’actions à la matrix (croyez moi, j’ai essayé…). C’est pourquoi il est important à mes yeux de garder à l’esprit la force du théâtre.

Ce qui rend le théâtre unique…

… c’est que nous sommes tous dans la même pièce. Nous partageons une expérience unique et vivante. Nous pouvons explorer des relations et des émotions humains. Nous pouvons interagir avec notre public. Nous pouvons engager plus de sens de nos spectateurs. Je vous recommande d’aller voir cet article qui aide à jouer des forces du théâtre.

Mais quoi d’autre que la télé?

Il y a déjà beaucoup de spectacles qui s’inspirent d’autres arts vivants: le clown, le jonglage, la danse, le mime, les marionette, etc.

Et si on s’inspirait d’auteur de théâtre? On a du Shakespeare, du Feydeau et du Molière improvisé, plus rarement du Mamet, du Tchekov. Mais pourquoi pas du Becket, du George Bernard Shaw, de l’Aaron Sorkin, de l’Euripide, du Sartre, de l’Edmond Rostand, du Yasmina Reza, …?

Oui, mais le théâtre, ça coûte cher…

Ce que j’aime dans l’improvisation théâtrale, c’est que c’est un art populaire. C’est accessible, les spectacles sont souvent à des prix raisonnables, souvent sans intellectualisme inutile.

Le théâtre à texte est souvent un marqueur de bourgeoisie et d’éducation, même si nombre sont ceux qui le popularisent. Cependant, développer une vaste culture théâtrale, ça coûte cher…

C’est vrai, cependant, la plus part des textes classiques de théâtre sont dans le domaine publique. Sur le site du projet Gutemberg, vous trouverez les oeuvres complètes de nombreux dramaturges de façon complètement gratuite (et plus encore si vous lisez l’anglais).

Et puis, si lire sur un écran n’est pas votre truc, la bibliothèque municipale a probablement tous ces livres accessibles pour quelques euros par mois.

Le site de l’INA a également de nombreuses captures vidéos d’excellentes pièces de théâtre.

Bonne inspiration =)

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