En finir avec le modèle troupe

La troupe, ce modèle qu’on retrouve principalement dans l’improvisation française est un modèle mal utilisé, voir un mauvais modèle…

Quels sont les différents modèles ?

  • Groupe ouvert : un groupe entre 20 et 30 personnes qui pratiquent un format simple régulièrement (au moins une fois par semaine). Ils ne s’entraînent pas forcément régulièrement, mais jouent beaucoup. L’entrée se fait par casting ou est ouvert. Un directeur artistique surveille plus ou moins le groupe. Lorsqu’un membre ne fait plus l’affaire, il est remercié.
  • Groupe projet : un groupe à taille variable (2 à 20+) qui se réunit autour d’un projet, avec généralement un format assez spécifique, ou une ligne directrice très forte. Il y a un directeur qui choisit ou cast le groupe. Il mène le projet et prend les décisions artistiques le plus souvent.

Il existe de nombreuses variations et subtilités dans les différents types de groupes, et je suis certain qu’il y en a d’autre. Mais à Vancouver et Seattle, le spectacle principale standard fonctionne souvent sur un modèle de groupe ouvert, et les spectacles spécifiques fonctionnent souvent sur un modèle de groupe projet.

Une troupe pourrait avoir de gros avantages comme modèle : avoir une identité très forte et marquée (comme peut l’avoir On The Spot ou 3ForAll qui jouent costumés avec un style bien à eux), développer des liens forts entre les comédiens au cours des années, avoir une réputation auprès du public.

Cependant, bien peu de ces avantages ne sont utilisés :

  • bien peu de troupes ont une réelle identité, bien qu’on puisse noter quelques tentatives avec Showtiiiime par exemple
  • le recrutement des troupes provoque le plus souvent un renouvellement régulier, et il y a bien peu de troupes qui ont traversé les années en gardant leur casting d’origine
  • le principal public visé par les spectacles d’improvisation est un spectacle de proches, avec une communication faîte par les réseaux sociaux ce qui empêche de maximiser l’effet bénéfique d’une bonne réputation (bien que billetreduc favorise quand même les troupes avec une bonne réputation).

Les gros inconvénients du système de troupe est qu’il s’organise autour des individus. On tombe donc dans le monde du compromis, en particulier lorsqu’il n’y a pas de directeur artistique. Ainsi, il est très difficile d’aller dans une direction affirmée permettant la découverte et le développement d’un style propre à la troupe. Les spectacles sont un agglomérat de compromis, ce qui endommage parfois la vision initiale. L’artistique passe alors au second plan, la priorité allant aux individus.

On se met alors à travailler un peu de tout, mais jamais trop longtemps pour ménager les individus. Il devient alors impossible de mener un projet à long terme car il faut alors maintenir tout le monde impliqué.

J’ai vu un spectacle de Star Trek improvisé : l’un des improvisateur était spécialisé dans les accessoires et son rôle était de mettre en scène les vaisseaux spatiaux et de fournir les gadgets technologiques pour le reste du groupe. Ce type de rôle ne pourrait pas vraiment émerger à long terme dans une troupe !

Le gros avantages des troupes est qu’elles trouvent souvent une salle pour jouer régulièrement, et peuvent y monter différent type de spectacle. Mais c’est un pur confort pour ménager les individus : il y a une date régulière à laquelle on peut jouer, et au bout d’un certain moment, l’administratif tourne plus ou moins tout seul.

L’inconvénient des groupes projet est qu’à chaque projet, il faut retrouver un financement, une salle, etc… Difficulté qui est contournée dans les autres pays par la présence d’un théâtre consacré uniquement à l’impro.

En France, le système troupe est omniprésent, parallèle à l’idée d’équipe en match. Encore une fois, je regrette le manque de diversité des modèles, bien qu’il en existe :

New, comédie musicale par Florian Bärtsch des Improfessionals se monte sur le système de groupe projet. Il me semble que le spectacle Casino est également sur le même modèle. J’ai également eu vent d’un groupe secret sur le modèle d’un groupe ouvert…

Dorénavant, improvisateurs posons nous des questions, plutôt que de céder aux automatismes match et troupe. Que format voulons nous jouer, avec quel modèle de groupe ?

Essayez une fois de monter un projet, de le mener avec sérieux jusqu’à ce qu’il ressemble à ce que vous voulez, et jouez le 3 fois par semaine pendant 4 semaines. Vous découvrirez une toute nouvelle forme de satisfaction ! Promis !

Réflexions

L’échauffement

Comment se préparer avant un spectacle ?

La plus part des troupes d’impro que je connais font des entraînements pour faire monter l’énergie, ce qui signifie se mettre dans un état d’excitation.

Cet état permet de vaincre la peur de monter devant le public, et de faire des impros très énergiques, mais nuit peut être également à l’écoute et l’acceptation.

Petite discussion autour de l’échauffement avant un spectacle :

La plus part des groupes de vétérans ne s’échauffent pas, et je recommande globalement de ne pas s’échauffer.

Pourquoi ? Parce qu’il serait regrettable de commencer le spectacle par de bonnes scènes. Mieux vaut commencer mal et finir bien au fur et à mesure qu’on s’échauffe que commencer génial et ne pas pouvoir assurer ensuite jusqu’à la fin !

Pour les spectacles courts (1h, 45min, 30min ou moins), il peut être intéressant d’avoir un échauffement.

Je pense qu’il est important d’avoir un échauffement à l’image du spectacle qu’on veut faire.

  • Pour un spectacle gags, punchy, efficace : des échauffements d’énergie pure : passage d’énergie, 12345678, bopbilibopbipbop (bipitibipitibop), …
  • Pour un spectacle centré autour des personnages / spectacle physique : un échauffement physique impliquant tout le corps y compris le visage.
  • Pour un spectacle calme / construit : respiration ventrale, exercice de concentration (ceci est un ci, balles de couleur, …), échauffement de connexion entre les joueurs.

Faîtes un échauffement à l’image de votre spectacle, laissez vous le temps de vous chauffer en public quitte à faire de mauvaises impro en début de spectacle, échauffez votre voix si vous jouez dans une grande salle, échauffez son corps individuellement, bailler, passer du temps avec les autres sans forcément vous échauffer spécifiquement, … ?

Réflexions

Vancouver – Seattle

Il me sera bien difficile de vous rapporter ici la richesse de l’expérience que je viens de vivre, mais espérons que je pourrais partager avec vous quelques expériences. Je n’ai pas vraiment organisé mon propos, donc je ne sais pas vraiment de quoi ce billet va parler.

Je suis donc parti 10 jours en Amérique du Nord, pour y faire de l’improvisation théâtrale, avec Ian (Eux) et Flo (Improfessionals).

Nous sommes d’abord allés à Vancouver, jouer le St-Valentine’s Day Massacre, un tournoi de TheatreSports TM (format créé et déposé par Keith Johnstone), puis, direction Seattle pour le SFIT (Seattle Festival of Improvised Theater).

Vancouver :

VTSL : Vancouver TheatreSports League, gérant de l’Impro Center est un de plus grand théâtre d’impro du monde, sans doute après Chicago. 180 places, un bar, 11 spectacles d’impro par semaine, 1,2 million de dollars de budget, des comédiens payés systématiquement (peu, mais tout de même)…

Le théâtre est assez moderne (il date d’un an), avec des tables pour boire pour les premiers rangs. Un décors impressionnant avec une fenêtre, des portes, des caisses, des pilones, plein de trucs pour s’amuser !

Le théâtre organise donc un tournoi avec des équipes internationales, cette année : Austin, Edmonton (Rapid Fire Theater), Bellingham (ces mecs là sont géniaux), Chicago, Vancouver et Paris (nous !).

Ils remplissent bien leur salle même avec 3 spectacles par soir, avec un public étranger à l’impro (pas des amis des joueurs, ni des improvisateurs) ils ont tout un staff, c’est très pro. L’équipe est adorable, et les gens sont chaleureux. Jay Ono, le directeur a un bureau avec des photos de lui improvisant avec Robin Williams.

Les improvisateurs là bas sont très très bons ! Ils sont présents, réactifs, mais, très verbaux et peu physiques, et très très loin du théâtre, on arrive sur scène avec sa bière, complètement débraillé, et les scènes sont très tournées vers des jeux et de défis. Ils sont hilarants et joueurs. Ken Lawson, improvisateur de Seattle représente vraiment pour moi la définition du « Great Improviser » de Keith Johnstone. Mais leur art et leur technique est utilisée pour offrir du rire, et rien que du rire. Malgré toute l’admiration que j’ai pour eux, ils ne m’ont pas inspiré à suivre cette voie.

Globalement, j’ai l’impression que les lieux d’impro qui connaissent le succès sont ceux qui se développent dans les lieux avec une offre culturelle limitée…

Au cours de ce super séjour, nous avons eu la chance d’avoir un atelier avec Asaf Ronen (auteur de Directing Improv) sur la physicalité, et un atelier avec Michael Robinson sur les personnages, l’émotion et la sincérité.

On a eu la chance également de jouer devant John Locke (Terry O’Quinn) !

Seattle :

Wing-it production / jet-city improv : Seattle compte 2 théâtres d’impro : wing-it production et unexpected production avec 2 festivals très différents. Ici Wing-it organisait le SFIT avec plein de groupes d’un peu partout et plein d’ateliers !

Encore une fois, une équipe adorable, et plein de gens sympa.

Un grand théâtre (200 places environ), dans un style plus européen qu’à Vancouver, mais on y distribue quand même du pop-corn et des boissons. Très style cinéma.

Ici la scène est très variée et hyper riche. Les spectacles sont tous très orientés vers le format long, mais avec un sérieux et une implication incroyable. On a vu un star-trek improvisé (par une parodie, un vrai star-trek), avec un improvisateur dédié aux accessoires (il faisait les vaisseaux spaciaux et les gadgets électroniques), on a vu un format long dans un bunker avec des comédiens entièrement costumés, et un décors ultra riche de bunker… Globalement, ils investissent beaucoup de sérieux en décors, en costume, en accessoires, et trouvent toujours des concepts risqués et osés, comme ce « improsia » ou deux membres du public sont invités à partager un dîner avec des comédiens jouant des personnages mal ajustés socialement (des genre de sheldon cooper), et ils préparent réellement à manger, et partagent vraiment un repas !

Cependant, les improvisateurs ici sont un peu moins bons que ceux de Vancouver, et on sent que la forme les ralentit un peu.

Cependant, 3 spectacles auront réellement marqué le séjour :

  • M&M : Margaret et Michael (Robinson) qui venaient de Vancouver après nous avoir reçu à Vancouver on fait un spectacle très simple avec deux chaises qu’ils promènent sur scène et qu’ils posent dès que le public crie « STOP ». La scène commence alors tout de suite ! Ils sont très bons, très réactifs, et offre de nombreuses émotions ! Ils sont à l’aise, et on pourrait les regarder pendant des heures !
  • Great Puppet Hapinness Machine : un spectacle de marionnettes improvisée, avec des marionnettes, une histoire, des chansons ! C’était génial, et il y avait de la substance et des thèmes dramatiques ! C’était génial ! C’était génial !
  • Hush : On The Spot, un groupe d’hawaï improvise un film muet. Un spectacle génialissime, universel, purement physique !

Ici le théâtre est majoritairement rempli par des improvisateurs, et il y a une grande communauté rassemblée autour du théâtre. Je pense que ça change le rapport au spectacle et rend sans doute un peu plus tolérant. Mais l’énergie créative est fantastique. Les spectacles sont créatifs, variés, impliqués !

Bilan :

C’était fantastique de rencontrer ces improvisateurs et ces organisations professionnelles qui gèrent de gros théâtre !

Pour autant, ce rêve ne semble pas inaccessible, car ces groupes sont parvenus avec travail et sérieux à créer ces institutions incontournables. Il semble qu’il y ait quelques constantes : une offre culturelle limitée dans la ville d’implantation du théâtre, un groupe large et relativement ouvert, pas de système de « troupe » mais un système de casting pour chaque show…

Quelques idées en vrac :

  • J’ai rencontré une improvisatrice technique (au son), qui a travaillé à Loose Moose et formée par Keith : Laura. Elle était fantastique !
  • J’ai vu un joueur de Confidence Men (le groupe d’Asaf Ronen), ne pas monter pendant toute la durée du spectacle parce que le spectacle n’avait pas besoin de lui. L’humilité et le sens du spectacle qu’il faut pour ça m’ont épaté !
  • C’est difficile d’avoir des conversations intéressantes pendant un festival, mais quand on y arrive, c’est fantastique, et on se sent mieux…
  • Seattle est une ville de geeks, il y a des magasins de jeux vidéos vintage tous les 3m, et leur musée a une expo Battle Star Galactica et une expo films d’horreurs…
  • Il y a une guerre entre l’impro verbale et l’impro physique, entre l’impro en costume et l’impro en T-shirt, entre l’impro blague et l’impro émotionnelle, … Dans quel camp êtes vous ?
  • L’impro stupide, c’est fatiguant. L’impro fraîche peut se regarder pendant des heures !
  • L’impro est dans une période de transition, elle peut suffoquer et mourir ou exploser vers la qualité et la créativité.
  • On a pas de théâtre d’impro à Paris…
Réflexions, Spectacle

Besoins humains / scène d’impro

Au cours de cette conférence, Tony Robbins liste les besoins humains :

  • Assurance (Certainty)
  • Inconnu (Uncertainty)
  • Importance (Significance)
  • Connexion/Amour (Connexion/Love)
  • Évolution (Grow)
  • Contribuer au delà de soi (Contribute beyond yourself)

La bonne impro réunit tout ça :

Assurance : le contrôle, le besoin d’une plateforme, la confiance que les joueurs ont dans le groupe, la confiance du public dans les joueurs, règles, format, etc… Un bon spectacle a besoin de points fixes, de points stables.

Inconnu : risque, perte de contrôle, inconnu, échecs, briser les règles, inviter un nouveau joueur sur scène, demander des suggestions au public, faire des choses qu’on a jamais fait avant… Une bon spectacle a également besoin d’inconnu et de chaos !

Importance : faire des scènes qui marquent, qui parlent de sujets sérieux (pas forcément sur un ton sérieux), raconter des histoires, avoir des morales, poser des questions, toucher, émouvoir… Un bon spectacle a également besoin de ne pas se limiter à une série de scènes stupides sans signification, il faut aussi des scènes qui comptent, des scènes importantes !

Connexion/Amour : connecter avec le public, offrir un spectacle unique, montrer au public qu’on est là ce soir pour lui et que le spectacle serait différent s’il était différent, connexion entre les joueurs, émotions dans le spectacle, chaleur d’un présentateur envers le public… Un bon spectacle a besoin de tous ces éléments de connexion et de chaleur.

Évolution : avoir un spectacle qui monte en puissance, des spectacles qui ne se ressemblent pas, des scènes avec de la variété, des joueurs qui changent de style, qui changent de gags, qui changent d’émotions, qui changent, un spectacle qui s’améliore au cours du temps et de la saison, des joueurs qui s’améliorent… Un bon spectacle a besoin de ce mouvement, de cette évolution.

Contribuer au delà de soi : laisser les spectateurs avec quelque chose, les laisser dans un meilleur état que celui dans lequel ils sont arrivés, explorer leur peurs et leurs craintes, les rassurer, leur proposer des évolutions d’une situation plausibles, jouer le véritable rôle du comédien dans notre société… Un bon spectacle a besoin d’avoir un rôle au delà du plaisir des comédiens de jouer !

Evidemment, ces éléments se contredisent. Il faut savoir faire le bon mélange pour avoir un très bon spectacle.

Pour autant, de nombreux spectacles manquent carrément d’un de ces éléments !

Tous les spectacles d’impro ont de l’assurance : tomates, caucus, contrôle, joueurs qui font ce qu’ils savent faire…

Tous les spectacles d’impro ont de l’inconnu, mais pourraient aller plus loin : suggestion des spectacteurs par exemple, mais de nombreux spectacles manquent de risque, et on voit les joueurs rester dans le contrôle.

Très peu de spectacles d’impro ont de l’importance : on en ressort sans histoires, sans scènes importantes.

Certains spectacles établissent une connexion avec le public : malgré la présence de système d’interactivité, bien peu de spectacle essayent de trouver ce qui va plaire à ce public particulier ce soir là !

Pour l’évolution, ça dépend des groupes : s’il y a un système de retour et de critique, on peut espérer une amélioration, mais bien peu de groupes acceptent ou encouragent la critique, freinant le progrès. Peu de groupes font attention à la variété de leur spectacles.

Contribuer au delà de soi : à l’instar de l’importance, bien peu de spectacles ont un réel rôle sociétal…

Alors ? On ajuste les curseurs ?

Réflexions

Paradigme

Un paradigme est une vision vastement acceptée.

Il y en a un que je souhaite combattre vivement parce qu’elle génère des comportements que je trouve inintéressants.

De nombreux avis en impros se basent sur l’idée qu’on ne peut pas atteindre la qualité d’un texte ou d’une pièce écrite en impro. Récemment, un article sur Impro-Bretagne, soulignait encore ce paradigme !

Qu’est-ce qu’implique ce paradigme :

  • qu’une histoire s’écrit mieux en commençant par la fin, et que lorsqu’un écrivain produit un roman, il connaît la fin quand il commence à l’écrire,
  • que pour produire un chef d’œuvre, il faut beaucoup de corrections et de rectifications du premier jet,
  • qu’un spectacle d’improvisation sera moins bien qu’un spectacle répété.

Cette conception très largement répandue induit les comportements suivants :

  • on prévoit, on anticipe, on prépare, au lieu de rester dans le moment
  • on ose pas raconter des histoires, on le fait mal
  • on ne cherche pas l’excellence par complexe d’inferiorité.

Pourtant le paradigme est tout simplement faux ! Du moins incomplet !

A écouter les artistes interviewés à la radio ou s’exprimant sur ted, on réalise que des tonnes d’écrivain écrivent sans connaître la fin, et découvrent leur livre au fur et à mesure qu’ils l’écrivent, et n’ont pas de plan en tête avant de le commencer. C’est peut-être notre éducation qui nous apprend à faire un plan en 3 parties avant de nous lancer dans la rédaction qui nous empêche de nous jeter dans une histoire sans l’anticiper.

On réalise également, à les écouter, qu’une proportion énorme des œuvres sont réalisées d’un jet, en écriture, en peinture, en musique… Ça n’en fait pas de moins bonnes œuvres ! Parfois au contraire !

Il existe des méthodes et des théories que les artistes connaissent instinctivement ou explicitement et qu’ils utilisent dans leur récit.

De la même façon, ces outils sont utilisables en improvisation et ont été très décrits par Keith Johnstone.

Ainsi, je crois qu’un spectacle d’impro peut être meilleur qu’un spectacle écrit, mais que ça demande un investissement et de l’énergie, et pas ce côté : « c’est pas grave, c’est de l’impro », qui fait que les spectacles se passent dans des mauvaises conditions de visibilité, d’éclairage, de musique, de costume…

Arrêtons d’anticiper, lançons nous dans l’inconnu, et admettons que nous sommes des artistes capables de produire de vrais morceaux de théâtre.

Réflexions

Différentes perceptions :

Stefon Harris explique l’improvisation musicale de Jazz. J’ai trouvé cette vidéo grâce à Impro-Bretagne. (Sautez l’impro du début si vous n’êtes pas intéressés par la musique en elle même… 6’30 environ)

Elle m’a frappé, parce que les concepts de base semblent très proches de l’improvisation théâtrale.

Cependant, je me suis dit qu’un improvisateur de match y entendrait sans doute quelque chose de très différent de moi. Tentative d’observation de deux points de vue différents :
Ce qu’un joueur de match entendra :

  • Les erreurs n’existent pas tant que le reste du groupe l’intègrent.
  • La rudesse met le bordel !
  • Il faut écouter plutôt que d’être rude.

Pourtant, on peut interpréter très différemment son message :

  • Le mot important à propos des erreurs est « react » ! Il faut réagir, et non pas l’ignorer comme si elle était normale ! Cette note a eu lieue, elle est étrange dans cet univers, elle doit y changer quelque chose. Pourtant, je vois très peu de gens réagir !
  • Lorsque quelqu’un anticipe et « lead », c’est le bordel ! Il n’y a pas de leader, juste un groupe qui construit ensemble en ajoutant des touches tous ensemble.
  • Il développe l’écoute en parlant d’ »être ici et maintenant », c’est à dire, ne pas être dans sa tête, ne pas anticiper, mais créer « organiquement » une création avec le groupe entier.
A voir ailleurs !, Réflexions , , , , ,

« Comedy has to be recognition »

Il y a plein d’idées que j’aime bien dans cette vidéo :

  • Jouer face à un public d’inconnus : je pense qu’on a un retour plus honnête, et que ça diminue la peur d’être devant des étrangers ! Jouez devant un public d’inconnu !
  • Larry dit qu’il juge son succès aux rires, mais Ricky Gervais lui oppose que même les mauvais comédiens qu’il a vu à un Comedy Club tirent des rires du public. Il dit que l’humour doit être la reconnaissance (dans l’idée : « ah ah, c’est tellement vrai ! »), mais en même temps, il ne faut pas que n’importe qui puisse faire la même chose !

Et pour relier ça à l’impro, je crois vraiment à l’idée qu’en restant sincère et vrai dans son impro, on tire des émotions (rire, peur, empathie) de meilleure qualité qu’en allant chatouiller le public avec des grimaces et un jeu caricatural !

A voir ailleurs !, Réflexions

Corrélation ?!

J’ai toujours constaté une forte corrélation entre la qualité d’un spectacle et celle de l’entraînement juste avant.

Souvent, lorsque l’entraînement est mauvais, le spectacle est bon, alors qu’à l’inverse, un bon entraînement donne souvent un spectacle médiocre…

Je ne me l’explique pas vraiment.

Vous avez remarqué également ? Vous avez une explication ?

Réflexions

Mais en fait, le match, c’est bien ?

J’ai critiqué de nombreuses fois le Match d’impro. Pour de nombreuses raisons… Pour mieux connaître la bête, j’ai acheté Impro I et II, de Robert Gravel et Jan-Marc Lavergne, m’attendant à lever régulièrement les yeux aux ciel pendant ma lecture…

Je viens de recevoir le livre, et feuillant les premières pages, le livre remporte déjà mon adhésion…

Non pas par la puissance de l’argument, mais bien parce que je suis déjà d’accord avec Gravel sur les principes de bases de l’impro.

Dès les premières pages, il a borde 3 notions qui me paraissent centrales et essentielles : la spontanéité, le risque, et la présence !

La représentation doit être traversée par un courant de spontanéité qui doit électriser le spectateur.

La pratique de l’improvisation doit briser le comédien, le rendre disponible à l’acte théâtral, souple face au jeu.

Il n’est pas un exécutant qui se protège derrière son « savoir-faire », derrière des trucs ou des recettes, mais un être vivant qui RISQUE (note de moi : le mot est bien en majuscule dans le texte) et dont la voix et le corps vibrent sous le choc de la poésie de l’auteur d’une manière constamment renouvelée !

Peut-être qu’effectivement, ce qui est cassé dans le match, c’est sa transmission et son enseignement.

J’ai appris ce week-end que la faute de cliché était née lorsqu’ils ont joué à la télévision et qu’ils n’y avaient pas le droit de prononcer des noms de marques. Les gens l’ont reprise, lui trouvant toute sorte de justification alors qu’elle n’était pas là ni à l’origine, ni dans d’autres contextes, juste pour la télévision…

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Format

Les discussions à propos des formats sont parfois interminables.

Lequel est le mieux ? Format long ? Format court ? Inventer son propre format ? Utiliser un format existant ? Modifier un format existant ?

Comment bien choisir son format ?

Un format doit correspondre à votre pratique de l’impro, et à votre développement. Il doit également satisfaire le public !

Êtes vous un vétéran ou un débutant ?

Si vous êtes un débutant, peut être que vous allez choisir un format court (qui se joue en 30 min – 1h), car même si c’est un désastre, le public n’aura pas à le subir trop longtemps.
Peut être que vous devriez choisir un format qui permet de mélanger différentes expériences, comme un MicetroTM.

Si vous êtes un vétéran, il peut être intéressant de se fixer un nouveau défi :
Travailler un ou plusieurs genre (western, Molière, Shakespeare, …). Travailler la physicalité avec un format muet. Réduire le nombre de joueurs sur scène (4 ? 3 ? 2 ? 1 ?), et adapter le format.

Combien de joueurs avez-vous ?

Si vous êtes très nombreux, un match ou TheatreSports, ainsi qu’un Micetro ou un format basé sur l’élimination permettra de faire jouer de nombreuses personnes. Avoir un présentateur, des juges, des régisseurs, gérer des décors/costumes/accessoires permet de mobiliser de nombreuses personnes.

Quelle type de scène vous intéresse ?

Courtes / Longues. Jeux / Scènes sans contraintes.

Voulez-vous un directeur dans votre format ?
La présence d’un directeur réduit la peur, et permet d’aller plus loin sur scène. Il ne faut pas non plus trop se reposer sur lui et être capable d’improviser sans. Un seul directeur ou tous les joueurs doivent-ils diriger ?

Le format doit-il prendre en compte l’échec ?
Peut-on dire que la scène était ratée ? Faut-il punir les joueurs si c’est le cas ?

Quel place pour le public ?
Peut-il voter ? Peut-il donner des suggestions ? Peut-il jouer ?

Voilà plusieurs questions qu’il est important de se poser lorsqu’on crée / choisit un format.

Lorsqu’on modifie un format, il est important de bien comprendre le format initial, et de ne pas le faire par peur ou juste pour le changer, mais pour l’améliorer ou le rendre plus risqué pour vous.

Quelques exemples :

J’ai un groupe nombreux, avec des niveaux très différents. Je veux faire jouer tout le monde.
Jouons un Micetro tm!

J’ai un petit groupe de vétérans. On aime créer des histoires longues, mais on s’ennuie un peu.
Créons un format long western en costume.

J’ai un groupe moyen de débutants.
Jouons un cabaret court (30 min) en première partie d’un autre spectacle !

Si vous avez besoin de conseils en matière de format, n’hésitez pas à m’exposer votre situation dans les commentaires, je vous conseillerai des formats !

Surtout, réfléchissez bien avant de créer ou modifier votre format aux rôles que vont tenir les éléments de votre format.

De nombreux groupes trouvent des idées astucieuses dans leur format pour se rassurer et avoir quelque chose auquel se raccrocher (comme on peut se raccrocher aux blagues de l’arbitre dans un match). Mais n’oubliez pas que l’impro est au cœur de votre spectacle ! (ou alors écrivez certains morceaux, mais avec sérieux).

Testez ! Essayez des trucs, enlevez en d’autres, voyez ce qui fonctionne le mieux pour vous !

Ne créez ou modifiez pas quelque chose juste pour vous l’approprier. Faîtes des changements pour une bonne raison ! Surtout si vous ne comprenez pas parfaitement les raisons des éléments d’un format.

Réflexions